L’abbaye Saint-Etienne de Vaux

par Daniel Lesueur

 

   Les Fêtes Romanes en Pays Royannais ont choisi pour leur 22e année le thème du « Temps des abbayes ». Ce festival intercommunal aura lieu du 9 au 23 avril 2011 et s’attachera encore une fois à mettre en valeur le patrimoine roman des quatre communes par des animations variées.

 

     Le thème retenu met à l’honneur, parmi les 17 abbayes construites au Moyen Âge dans le diocèse de Saintes, trois fondations : l’une des plus prestigieuses, celle de l’abbaye aux Dames de Saintes, consacrée en 1047, objet d’une conférence à Vaux-sur-Mer, puis l’abbaye Notre-Dame de Sablonceaux, but de la randonnée suivie d’une visite guidée, et enfin l’abbaye Saint-Etienne de Vaux, sujet d’une conférence également à Vaux-sur-Mer.

 

    L’église Saint-Etienne de Vaux-sur-Mer est le dernier vestige de l’abbaye bénédictine fondée en 1075 par deux chevaliers de la maison de Mortagne, Arnaud et Pierre Gemon. Martin, le Ier abbé, venait de l’abbaye de Maillezais en Vendée, sous la protection de laquelle les moines de Vaux se rangent dès 1093. En 1170, une bulle du pape Alexandre III précise les privilèges de l’abbaye et mentionne ses possessions, notamment les églises de Saint-Sordelin, Saint-Palais, Saint-Augustin, Saint-Sulpice, Thaims, Arces, Grayan, Langoiran…

 

    La riche décoration du chevet de l’église Saint-Etienne, avec au sommet des colonnes, les huit chapiteaux historiés d’influence clunisienne, malgré la disparition de la nef et des ailles du transept, lui permet à juste titre d’être un des fleurons de l’art roman en Saintonge et d’être classée Monument historique depuis le 04 septembre 1913.

 

     Cette abbaye a un deuxième titre de gloire, c’est celui de posséder un manuscrit sur parchemin du XIIIe siècle, le Cartulaire de l’abbaye Saint-Etienne de Vaux, conservé à la Bibliothèque Nationale de France, à Paris, consignant toutes les donations faites à l’abbaye de 1075 à 1270. La traduction de ce manuscrit est déposée à la Mairie de Vaux-sur-Mer et au fonds ancien de la médiathèque de Saintes. On y trouve la première mention écrite de la plupart des communes du pays royannais, les relations avec les seigneurs de Didonne, de Mornac et de Mortagne, le détail des activités agricoles et économiques : sont cités la forêt de Salis, l’aire à battre le blé, les vignes, les viviers, les étangs, le bois du Défens – devenu « Bois des Fées »-, le four à chaux de Chauchamp,  le port de Saint-Sordelin, les mattes ou jardins potagers de la rive de Plain où se trouvent aujourd’hui le centre commercial de Val-lumière et la zone artisanale de Vaux-sur-Mer.

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