LE TEMPS DES ABBAYES EN SAINTONGE
AU MOYEN ÂGE
Les
Deux autres abbayes seront à l’honneur, celle
de l’abbaye Notre-Dame de Saintes, fondée en 1047 par Agnès de Bourgogne,
comtesse de Poitou, et Geoffroy Martel,
comte d’Anjou, richement dotée de terres, de forêts à défricher et de marais
salants, et celle de Sablonceaux, remarquablement conservée, bâtie à partir de
1135 par Geoffroi de Lauroux, ami de saint Bernard, qui tirèrent d’une coupable
hérésie le duc d’Aquitaine Guillaume X. L’abbaye Notre-Dame / aux Dames de
Saintes sera le sujet d’une conférence et une randonnée nous mènera de
Sablonceaux à Saint-Romain-de-Benet par « le chemin des prêtres ».
La crainte du jugement dernier.
La plupart des donations faites aux
établissements religieux au Moyen Âge sont justifiées par la quête du salut de
l’âme. On voit en effet des grands seigneurs, capables d’errements et des pires
cruautés, racheter leurs péchés, dans la crainte du jugement dernier, en
comblant de richesses des monastères, dans des moments de grande piété. Le sentiment
religieux est-il le seul motif des très nombreuses fondations monastiques que
l’on rencontre dans le diocèse de Saintonge ?
Au Moyen Âge, le mouvement monastique
connaît sa plus grande expansion du Xe au XIIe siècle.
Prôné comme l’idéal de la vie chrétienne, le monachisme a encouragé un certain
désintérêt pour le monde terrestre, une méfiance aussi envers le corps, que
l’on distingue très clairement de l’âme. La vie du chrétien est dans l’esprit,
« car le désir de la chair, c’est la mort, tandis que le désir de
l’esprit, c’est la vie et la paix » Saint Paul Epître aux Romains, 8 6. Ce sont des tendances qui ont marqué
l’histoire de l’Eglise. Par ailleurs, cette vitalité de la vie de prière s’est
traduite par de nombreux chantiers d’églises et de bâtiments abbatiaux, qui
constituent encore aujourd’hui une part importante du patrimoine monumental
régional.
Une floraison d’abbayes et de prieurés.
On
dénombre 17 abbayes dans le diocèse de Saintonge au Moyen Âge. Trois seulement
sont antérieures au XIe siècle : Baignes, Saint-Jean-d’Angély
et Saint-Liguaire. Les 14 autres ont été
fondées aux XIe et XIIe siècles par les comtes et les
seigneurs. Bassac, Fontdouce, Masdion, Saintes, La Tenaille, Vaux suivent la
règle de saint Benoît, de même que les trois plus anciennes créations. Châtres
et Sablonceaux observent la règle de saint Augustin avec des chanoines vivant
en communauté, mais participant en même temps à la vie paroissiale. Les plus récentes - les Châteliers, Charron,
la Frenade, la Grâce-Dieu, Saint-Léonard-des-Chaumes – sont de l’obédience de
Cîteaux, dont la règle fut écrite en 1119, prônant la rigueur et la pauvreté
évangélique. De ces abbayes dépendent de nombreux prieurés, où quelques moines
vivent sous la direction d’un prieur. Certains sont rattachés à des abbayes
lointaines, comme les prieurés de Sainte-Gemme et de Trizay qui dépendent de la
Chaise-Dieu en Velay, ou ceux de Saint-Eutrope de Saintes, Breuillet,
Saint-Georges de Didonne rattachés à Cluny en Mâçonnais.
Il serait fastidieux de vouloir retracer la
genèse de toutes ces fondations. Nous nous contenterons d’évoquer brièvement
les circonstances pour trois d’entre elles, en sachant que toutes ont connu de
multiples péripéties
Bibliographie :
RICHARD
A., Histoire des comtes de Poitou,
778-1204, Paris, 1903
COMBES J., Histoire du Poitou et des Pays Charentais,
Clermont-Ferrand, 2001
COMBES J., Saint-Jean-d’Angély, Des origines à nos
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DUGUET J. L’Aunis et la Saintonge, Histoire par les
documents, t.1, Des origines à la
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GENSBEITEL C., L’Abbaye aux Dames de Saintes, Le Croît
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GALLIA CHRISTIANA, II, Instrumenta : Ecclesia santonensis
GRASILIER Abbé Th ., Cartulaires inédits de Saintonge, - t.1
Cartulaire de l’abbaye de Saint-Etienne de Vaux, - t.2 Cartulaire de l’abbaye
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LAGARDE
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